30 juin 2025

Aujourd'hui est un jour de grande c¨¦l¨¦bration pour les champions de la conservation de la faune et de la flore sauvages dans le monde entier ! Cela fait 50 ans que est entr¨¦e en vigueur le 1er juillet 1975. Ce jalon n'est pas simplement un rep¨¨re dans le temps ; c'est le moment de r¨¦fl¨¦chir au chemin parcouru dans la qu¨ºte de la conservation des animaux et des plantes ¨¤ l'¨¦tat sauvage, et de rassembler force et sagesse pour la route ¨¤ venir.

Le voyage qui a commenc¨¦ par une vision forg¨¦e ¨¤ Arusha, reconnue ¨¤ Nairobi et ¨¤ Stockholm, sign¨¦e ¨¤ Washington par 21 pays et ratifi¨¦e pour la premi¨¨re fois par 10 pays, est devenu l'un des accords multilat¨¦raux sur l'environnement les plus importants au monde, un trait¨¦ unique dans lequel le commerce et la biodiversit¨¦ se croisent.

Nous devons honorer l'h¨¦ritage des nombreux visionnaires qui ont jet¨¦ les bases de cette convention - des d¨¦fenseurs de l'environnement, des commer?ants, des d¨¦cideurs politiques et des responsables communautaires. C¨¦l¨¦brons les r¨¦alisations de nos 185 Parties signataires, qui ont travaill¨¦ sans rel?che et se sont beaucoup investies pour mettre en ?uvre les principes fondamentaux de la Convention que sont la l¨¦galit¨¦, la durabilit¨¦ et la tra?abilit¨¦. Ces principes servent d'obligation statutaire pour garantir que le commerce international des animaux et des plantes inscrits ¨¤ la CITES est bien r¨¦glement¨¦.

Les Parties ¨¤ la CITES continuent de renforcer cet engagement chaque jour par une mise en ?uvre efficace, notamment en ¨¦mettant des avis de commerce non pr¨¦judiciable (NDF) pour s'assurer que le commerce est durable, en v¨¦rifiant l'acquisition l¨¦gale pour s'assurer que les sp¨¦cimens ill¨¦gaux n'entrent pas dans le commerce international et en prenant des mesures de lutte contre la fraude lorsque cela est n¨¦cessaire.

Sans les actions des Parties, la CITES se serait arr¨ºt¨¦e ¨¤ la ligne de d¨¦part. Leurs efforts sont le moteur qui fait avancer la Convention, vers un avenir o¨´ le commerce international favorise ¨¤ la fois les objectifs de conservation et les avantages ¨¦conomiques et de subsistance durables.

Au cours des cinq derni¨¨res d¨¦cennies, le terrain autour de nous a chang¨¦ de fa?on spectaculaire. Le commerce mondial s'est d¨¦velopp¨¦ ¨¤ une ¨¦chelle sans pr¨¦c¨¦dent. Les populations humaines ont doubl¨¦. La triple crise plan¨¦taire du changement climatique, de la perte de biodiversit¨¦ et de la pollution menace notre existence m¨ºme. Dans ce contexte, la CITES a grandi - non seulement en taille, mais aussi en objectif et en pertinence. La Convention est devenue un pont vital entre la conservation et le commerce, entre la science et la politique, et entre les g¨¦n¨¦rations actuelles et futures.

La r¨¦union pl¨¦nipotentiaire de la CITES, ou convention de Washington, s'est tenue ¨¤ Washington, D.C., en 1973, avec 80 pays repr¨¦sent¨¦s. Elle a examin¨¦ 25 documents officiels, 25 propositions relatives ¨¤ la faune et 5 propositions relatives ¨¤ la flore. Aujourd'hui, la CITES r¨¦glemente le commerce de plus de 40 000 esp¨¨ces. Lors de la derni¨¨re r¨¦union de la Conf¨¦rence des Parties (CoP) en 2022, 160 des 185 Parties ¨¤ la CITES ¨¦taient repr¨¦sent¨¦es et ont d¨¦cid¨¦ d'ajouter ou de modifier le statut de plus de 500 esp¨¨ces dans les Annexes de la CITES. Parmi les propositions adopt¨¦es, il a ¨¦t¨¦ convenu que le commerce international de 4 esp¨¨ces d'oiseaux, 100 esp¨¨ces de requins et de raies, 50 esp¨¨ces de tortues, 160 esp¨¨ces d'amphibiens et 150 esp¨¨ces d'arbres serait r¨¦glement¨¦ par la CITES.

La Secr¨¦taire G¨¦n¨¦rale de la CITES, Ivonne Higuero (deuxi¨¨me ¨¤ partir de la droite), s'adresse au Comit¨¦ pour les plantes de la CITES lors de sa vingt-sixi¨¨me r¨¦union ¨¤ Gen¨¨ve (Suisse) en 2023. Photo : Secr¨¦tariat de la CITES

Cette expansion refl¨¨te l'urgence ¨¦cologique. Les ajouts sont symboliques d'une compr¨¦hension croissante de l'importance des animaux et des plantes sauvages dans notre culture, nos moyens de subsistance, nos ¨¦conomies et notre propre survie. La croissance est toutefois synonyme de complexit¨¦. Les d¨¦cisions scientifiques, juridiques et de gestion doivent d¨¦sormais tenir compte d'un plus grand nombre de parties prenantes, de donn¨¦es et de risques que jamais auparavant. Cela exige de la discipline, de l'ouverture et des outils plus pointus.

, produit par le Trade Records Analysis of Fauna and Flora in Commerce, le Programme des Nations unies pour l'environnement, l'Organisation mondiale du commerce, la Conf¨¦rence des Nations unies sur le commerce et le d¨¦veloppement et l'Union internationale pour la conservation de la nature, souligne qu'il y a un demi-si¨¨cle, la plupart des esp¨¨ces sauvages faisant l'objet d'un commerce provenaient de la nature. Aujourd'hui, cependant, une grande partie du commerce concerne des esp¨¨ces provenant d'installations d'¨¦levage en captivit¨¦ ou de p¨¦pini¨¨res, produites selon des exigences et des conditions strictes. Nous assistons ¨¤ l'¨¦volution du commerce international d'esp¨¨ces sauvages, et la convention ¨¦volue et s'adapte pour relever les d¨¦fis et saisir les opportunit¨¦s qui en d¨¦coulent.

En outre, au fil des ans, les Parties ¨¤ la Convention se sont montr¨¦es de plus en plus pr¨¦occup¨¦es par les menaces de surexploitation et ont ¨¦largi le champ des esp¨¨ces inscrites aux Annexes, qui r¨¦pertorient aujourd'hui plus de 800 esp¨¨ces d'arbres et 2 000 esp¨¨ces marines. Nous avons ¨¦galement assist¨¦ au retrait d'esp¨¨ces des annexes et au transfert d'esp¨¨ces de l'Annexe I ¨¤ l'Annexe II lorsque les efforts de conservation et les contr?les de la CITES ont port¨¦ leurs fruits. Ce sont l¨¤ des signes tangibles de progr¨¨s - la preuve que la r¨¦glementation, lorsqu'elle est bien con?ue et bien mise en ?uvre, peut favoriser la durabilit¨¦.

La route n'a pas toujours ¨¦t¨¦ facile. Ces derni¨¨res ann¨¦es, nous avons fait face ¨¤ des bouleversements mondiaux - COVID-19, crises financi¨¨res, grippe aviaire, changements soudains de lieux de r¨¦union de la CoP, dynamiques g¨¦opolitiques difficiles et perturbations de la cha?ne d'approvisionnement. Pourtant, ¨¤ travers tout cela, la CITES n'a pas seulement perdur¨¦, elle est devenue plus forte. Nous avons organis¨¦ des r¨¦unions de l'organe directeur et des r¨¦unions scientifiques dans des conditions sans pr¨¦c¨¦dent. Des d¨¦cisions ont ¨¦t¨¦ prises dans des circonstances difficiles, et des progr¨¨s ont tout de m¨ºme ¨¦t¨¦ r¨¦alis¨¦s, gr?ce ¨¤ l'engagement et ¨¤ la collaboration in¨¦branlables de nos Parties, aux pr¨¦sidents habiles qui dirigent les diff¨¦rents comit¨¦s et aux nombreux experts qui donnent volontairement de leur temps malgr¨¦ leur lourde charge de travail dans leur pays d'origine.

En m¨ºme temps, nous reconnaissons que nous devons adapter notre fa?on de travailler - et pas seulement ce sur quoi nous travaillons. La CITES fonctionne comme un rassembleur de Parties op¨¦rant dans un cadre multilat¨¦ral. La gouvernance est collective, les Parties s'efforcent de prendre des d¨¦cisions par consensus et le r?le du Secr¨¦tariat est de faciliter la mise en ?uvre. Le secr¨¦tariat a ¨¦galement ¨¦volu¨¦ au fil du temps. Aujourd'hui, nous sommes fiers d'¨ºtre g¨¦ographiquement et culturellement plus repr¨¦sentatifs que jamais, avec un personnel provenant de plus de 25 pays. Et pour la premi¨¨re fois de notre histoire, la Secr¨¦taire G¨¦n¨¦rale est une femme originaire du Sud. Ces changements refl¨¨tent l'¨¦volution du visage de la conservation : un visage mondial, inclusif, diversifi¨¦, empathique et profond¨¦ment collaboratif. Les fondations du Secr¨¦tariat restent solides, caract¨¦ris¨¦es par une expertise av¨¦r¨¦e, des connaissances techniques approfondies et un d¨¦vouement in¨¦branlable - des qualit¨¦s qui sont constamment reconnues par les Parties.

L'alo¨¨s du Cap (Aloe ferox), une plante inscrite ¨¤ l'Annexe II de la CITES. Photo : Lynette/Adobe Stock

Au cours des derni¨¨res d¨¦cennies, la CITES a d¨¦velopp¨¦ et exploit¨¦ une s¨¦rie d'outils qui nous aident ¨¤ naviguer dans un paysage de plus en plus complexe, non seulement pour suivre le rythme, mais aussi pour prendre les devants.

La Convention transforme des d¨¦cennies de donn¨¦es en intelligence. La CITES tient ¨¤ jour l'un des ensembles de donn¨¦es les plus solides sur le commerce international de la faune et de la flore sauvages, rapport¨¦ par les Parties depuis 40 ans. a atteint plus de 25 millions de transactions commerciales. Des outils tels que et permettent de prendre des d¨¦cisions en temps r¨¦el sur les risques, les tendances et la durabilit¨¦. Gr?ce au , nous avons fourni aux parties ¨¤ la CITES des donn¨¦es et des analyses de terrain ¨¤ long terme pour les aider ¨¤ prendre des d¨¦cisions sur la conservation et la gestion des ¨¦l¨¦phants. , ou syst¨¨mes eCITES, facilitent de plus en plus la d¨¦livrance de permis num¨¦riques et l'int¨¦gration dans les syst¨¨mes nationaux de guichet unique, am¨¦liorant ainsi la transparence, la tra?abilit¨¦ et l'efficacit¨¦ en temps r¨¦el.

La science continue d'¨ºtre le fondement de la Convention. Plus r¨¦cemment, de nombreuses Parties, des observateurs et des experts ind¨¦pendants ont d¨¦velopp¨¦ une orientation g¨¦n¨¦rale de la NDF pour assurer la durabilit¨¦ du commerce des animaux et des plantes. La r¨¦glementation des introductions en mer (IFS), c'est-¨¤-dire le d¨¦barquement d'esp¨¨ces inscrites ¨¤ la CITES dans des zones situ¨¦es au-del¨¤ de la juridiction nationale, constitue un d¨¦fi unique pour les Parties, et la CITES envisage ¨¦galement de fournir des orientations ¨¤ ce sujet.

La CITES soutient la mise en conformit¨¦ de mani¨¨re plus intelligente. Gr?ce ¨¤ des approches personnalis¨¦es telles que les plans d'action de mise en conformit¨¦, le suivi des cas, les missions techniques cibl¨¦es et le renforcement direct des capacit¨¦s, le Secr¨¦tariat aide les Parties ¨¤ renforcer leurs cadres juridiques et r¨¦glementaires sans utiliser un mod¨¨le unique. Les recommandations sont minutieusement ¨¦labor¨¦es afin de fournir aux Parties les meilleurs conseils pour une mise en ?uvre et un respect plus efficaces des dispositions de la Convention.

La r¨¦glementation du commerce et de l'utilisation des esp¨¨ces sauvages profite aux populations, ¨¤ la plan¨¨te et ¨¤ la prosp¨¦rit¨¦, mais elle est s¨¦rieusement compromise par la criminalit¨¦ li¨¦e aux esp¨¨ces sauvages. La CITES joue donc un r?le de premier plan dans la lutte contre la criminalit¨¦ li¨¦e aux esp¨¨ces sauvages. Par l'interm¨¦diaire du Consortium international de lutte contre la criminalit¨¦ li¨¦e aux esp¨¨ces sauvages, un soutien direct est apport¨¦ aux gardes forestiers, aux agents des douanes et de la police, aux procureurs et ¨¤ d'autres acteurs du syst¨¨me de justice p¨¦nale. L'utilisation d'outils m¨¦dico-l¨¦gaux est de plus en plus mobilis¨¦e et l'accent est mis sur la lutte contre les flux financiers illicites, les risques de corruption, la criminalit¨¦ li¨¦e aux esp¨¨ces sauvages sur l'internet, et bien d'autres choses encore.

La Secr¨¦taire G¨¦n¨¦rale de la CITES, Ivonne Higuero (au centre gauche, tenant une pancarte), assiste au lancement du r¨¦seau mondial des jeunes de la CITES (CGYN) ¨¤ Singapour, en 2024. Photo : Shenn Tan

Ces derni¨¨res ann¨¦es, le dialogue intersectoriel s'est approfondi. Qu'il s'agisse d'engager les secteurs de la p¨ºche et du bois, le commerce des animaux de compagnie et des plantes ornementales, ou les peuples autochtones et les communaut¨¦s locales, la CITES continue ¨¤ servir de forum de confiance pour r¨¦concilier la conservation et le commerce. Nous cr¨¦ons un espace s?r et neutre permettant aux Parties de trouver un terrain d'entente et de s'engager dans un dialogue franc, non polarisant et constructif, comme en t¨¦moignent les discussions en cours sur l'¨¦l¨¦phant d'Afrique et le financement durable, les efforts des ?tats de l'aire de r¨¦partition en mati¨¨re de conservation du jaguar et la coordination multilat¨¦rale sur la conservation du totoaba. Ces forums contribuent ¨¤ instaurer la confiance et le consensus, ce qui permet aux parties de relever ensemble des d¨¦fis complexes et de trouver des solutions.

Ces derni¨¨res ann¨¦es, le dialogue intersectoriel s'est approfondi. Qu'il s'agisse d'engager les secteurs de la p¨ºche et du bois, le commerce des animaux de compagnie et des plantes ornementales, ou les peuples autochtones et les communaut¨¦s locales, la CITES continue ¨¤ servir de forum de confiance pour r¨¦concilier la conservation et le commerce. Nous cr¨¦ons un espace s?r et neutre permettant aux Parties de trouver un terrain d'entente et de s'engager dans un dialogue franc, non polarisant et constructif, comme en t¨¦moignent les discussions en cours sur l'¨¦l¨¦phant d'Afrique et le financement durable, les efforts des ?tats de l'aire de r¨¦partition en mati¨¨re de conservation du jaguar et la coordination multilat¨¦rale sur la conservation du totoaba. Ces forums contribuent ¨¤ instaurer la confiance et le consensus, ce qui permet aux parties de relever ensemble des d¨¦fis complexes et de trouver des solutions.

La CITES n'est pas un accord statique ou autosuffisant. C'est une promesse vivante d'investir dans la nature - un engagement pour l'avenir, les uns envers les autres et envers les millions d'esp¨¨ces avec lesquelles nous partageons cette plan¨¨te.

? toutes les Parties ¨¤ la CITES, aux autorit¨¦s scientifiques et de gestion de la CITES, ¨¤ nos donateurs, ¨¤ nos partenaires, aux observateurs, aux peuples autochtones, aux communaut¨¦s locales, aux autorit¨¦s charg¨¦es de la lutte contre la fraude et aux jeunes du monde entier, nous vous remercions de votre participation ¨¤ ce voyage, de vos contributions inestimables et de votre d¨¦vouement inlassable qui rendent cette Convention plus forte, plus intelligente et plus inclusive.

Faisons en sorte que les 50 prochaines ann¨¦es soient marqu¨¦es par une plus grande unit¨¦, une plus grande concentration et une action plus audacieuse. Continuons ¨¤ aller de l'avant, en tirant les le?ons du pass¨¦ et en travaillant ensemble pour combler les lacunes et tirer parti des r¨¦alisations afin de renforcer les efforts de conservation ¨¤ l'avenir. Nous devons continuer ¨¤ viser haut et ¨¤ construire un monde o¨´ les animaux et les plantes sauvages prosp¨¨rent dans leurs habitats naturels, o¨´ le commerce soutient - et non menace - la biodiversit¨¦, et o¨´ les hommes et la plan¨¨te prosp¨¨rent en harmonie.

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Cet article a ¨¦t¨¦ traduit par la CITES. La version originale est disponible ici.

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