27 juin 2013

J'ai d¨¦couvert avec stup¨¦faction des centaines de baraques en t?le ondul¨¦e le long de chemins ¨¦troits et boueux. J'¨¦tais dans la Township de Khayalitish, en Afrique du Sud. Une jeune et jolie Africaine, ¨¤ peine plus ?g¨¦e que moi, portant de mani¨¨re d¨¦contract¨¦e une jupe rose clair en dessous des hanches et un d¨¦bardeur blanc couvert de taches, m'a conduite jusqu'¨¤ la hutte de Sekwamkele.

J'ai fait la connaissance de Sekwamkele le premier jour o¨´ j'ai travaill¨¦ comme volontaire dans son centre pr¨¦scolaire. J'ai ¨¦t¨¦ attir¨¦e par ses yeux brillants et son beau sourire. La hutte ne faisait pas plus de 14 m2, ce qui correspond approximativement ¨¤ la taille d'un WC public. Les quatre personnes de la famille partageaient un grand lit, les seuls autres meubles ¨¦tant une ¨¦tag¨¨re et une table. Venant d'une ville de bord de mer ¨¤ Rhodes Island, aux ?tats-Unis, et ¨¦tant pensionnaire dans un lyc¨¦e priv¨¦ dans le Massachusetts, il m'¨¦tait difficile d'imaginer qu'on pouvait vivre dans ces conditions.

Il est r¨¦voltant de savoir que pr¨¨s de la moiti¨¦ de la plan¨¨te (plus de trois milliards d'habitants) vit avec moins de 2,5 dollars par jour, alors que l'homme le plus riche au monde peut d¨¦penser un million de dollars par jour et continuer ¨¤ vivre confortablement le reste de ses jours. Dans un monde o¨´ l'argent signifie le pouvoir, la majorit¨¦ des gens n'ont pas la chance d'avoir suffisamment d'argent pour se maintenir ¨¤ flot. La classe moyenne dispara¨ªt rapidement et passe entre les mailles du filet, creusant encore plus l'¨¦cart entre les riches et les pauvres.

Malheureusement, il est tr¨¨s difficile de briser le cycle de la pauvret¨¦. Une raison majeure du nombre croissant de pauvres est la mauvaise qualit¨¦ de l'enseignement dispens¨¦ aux enfants dans le monde. ? l'aube du XXIe si¨¨cle, pr¨¨s d'un milliard de personnes ne savent ni lire ni ¨¦crire leur nom1. On ne donne pas aux ¨¦l¨¨ves les informations de base n¨¦cessaires pour garder un emploi. En particulier aujourd'hui, avec la crise ¨¦conomique et le ch?mage, beaucoup ont besoin d'une aide financi¨¨re ¨¤ cause du manque de perspectives d'emploi. Beaucoup cherchent du travail, mais, malheureusement, ceux qui ont le plus besoin d'argent n'ont pas les outils et les comp¨¦tences qui font les bons employ¨¦s. Ils ont donc tendance ¨¤ perdre leur emploi et ¨¤ se retrouver au point de d¨¦part. Un grand nombre d'habitants des townships veulent travailler, mais ne savent pas comment.

En Afrique du Sud, les femmes sont davantage touch¨¦es par le ch?mage que les hommes. Philani, une organisation qui est pr¨¦sente dans six townships, s'emploie ¨¤ aider les femmes ¨¤ gagner leur vie, ¨¤ soutenir leur famille et ¨¤ ¨¦chapper ¨¤ l'engrenage de la mis¨¨re d'une fa?on qui am¨¦liore la vie de tous les habitants des townships. Ces citoyens sont des gens expressifs et passionn¨¦s. Il est dommage qu'on ne connaisse pas mieux cet aspect de leur personnalit¨¦, craintifs que nous sommes de p¨¦n¨¦trer dans ces townships. C'est au centre Philani, ¨¤ Khayalitisha, que j'ai rencontr¨¦ Narsassama. Elle m'a dit combien il ¨¦tait difficile de garder un emploi, de s'occuper de ses cinq enfants et de sortir de la vie du ghetto. Elle a ¨¦t¨¦ engag¨¦e par Philani pour travailler dans son programme pr¨¦scolaire Educare.

Comme s'il ne lui est pas assez difficile de trouver un emploi, sa maison est souvent cambriol¨¦e et les quelques biens qu'elle poss¨¨de sont vol¨¦s parce que les cambrioleurs savent qu'elle est absente toute la journ¨¦e. Elle explique les difficult¨¦s d'aller au travail chaque jour. ? Tous les jours, je pars pour essayer de gagner ma vie et chaque soir je reviens et je trouve ma maison cambriol¨¦e ?, confie-t-elle. ? J'ai ¨¦t¨¦ oblig¨¦e d'envoyer mes enfants vivre avec ma m¨¨re car il leur est dangereux de les laisser seuls ¨¤ la maison. ?

Ce qu'elle fait est courageux et difficile : pour gagner sa vie, elle se s¨¦pare de ses enfants afin qu'ils soient en s¨¦curit¨¦ et, lorsqu'elle est absente, sa maison est cambriol¨¦e. Philani encourage toutes les travailleuses de services d'approche comme Narsassana d'inspirer les femmes des townships en frappant ¨¤ leur porte pour leur dire comment elles ont r¨¦ussi ¨¤ changer leur vie sans l'aide d'un homme.

Alors que l'¨¦cart entre les riches et les pauvres continue de se creuser, on constate que les entreprises sont de plus en plus nombreuses ¨¤ r¨¦duire leurs effectifs et les populations ¨¤ adopter des modes de vie plus modestes. Sur les 2,2 milliards d'enfants dans le monde, un milliard vit dans la pauvret¨¦2. Cette situation ne changera malheureusement pas du jour au lendemain, mais nous devons commencer ¨¤ ¨¦duquer les gens et ¨¤ leur donner la possibilit¨¦ de b?tir une nouvelle vie pour eux-m¨ºmes et pour leur famille. Notes 1 Anup Shah, ? Poverty Facts and Stats ?, Global Issues, 10 septembre 2010,
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2 ibid

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