Excellences,

Mesdames et messieurs les invités,

C’est pour moi un plaisir de m’adresser à vous ce matin à l’ouverture de l’atelier destiné à évaluer et mesurer les réalisations de l’UMIRR pendant sa première année de fonctionnement.

Je tiens d’emblée à remercier les organisateurs, en particulier le PNUD et la MINUSCA, ainsi que les autorités de la République centrafricaine, à savoir le Bureau du Président de la République, le Ministère de la sécurité publique et le Ministère de la justice pour leur engagement et leur action en faveur de la mise en œuvre de l’UMIRR.

En juin 2017, il y a plus d’un an, le Président de la République centrafricaine, le Professeur Faustin Touadera, inaugurait l’UMIRR, reconnaissant que pendant les crises successives traversées par la République centrafricaine, c’étaient les femmes et les enfants qui avaient toujours payé le plus lourd tribut. Ce constat, suivi par le lancement de l’UMIRR, atteste de l’engagement fort des autorités centrafricaines à mettre un terme à l’impunité. Cela confirme aussi l’engagement fort pris vis-à-vis de l’ensemble des citoyens centrafricains, en particulier les femmes et les enfants qui attendent et devraient recevoir de l’État une protection accrue.

Depuis sa création, l’UMIRR a reçu 515 plaintes relatives à des incidents à caractère criminel visant des femmes et des enfants, y compris 318 plaintes pour viol. Ces incidents à caractère criminel ont fait l’objet d’enquêtes et la police centrafricaine a saisi le parquet qui devra veiller à ce que les responsables soient rapidement traduits en justice. La confiance des citoyens de la RCA dans le système judiciaire du pays et dans l’État centrafricain dépend de la capacité de l’État à protéger ses citoyens, à prévenir et réprimer la criminalité.

En 2018, le Secrétaire général des Nations Unies a évoqué l’UMIRR à deux reprises devant le Conseil de sécurité. Il l’a fait dans le cadre de son rapport annuel sur les activités des Nations Unies en lien avec la primauté du droit, en août 2018, et plus tôt dans l’année, dans le rapport annuel sur la violence sexuelle liée aux conflits. Le Secrétaire général des Nations Unies avait alors encouragé le Gouvernement de la République centrafricaine à fournir les moyens nécessaires, y compris un budget dédié, pour renforcer les capacités de l’unité mixte d’intervention rapide et de répression des violences sexuelles d’enquêter sur les cas, de travailler en collaboration avec le procureur de la Cour pénale spéciale. Le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale des Nations Unies suivent de près l’action de l’UMIRR et le Gouvernement de la RCA devrait œuvrer à la mise en œuvre de la recommandation du Secrétaire général.

Je tiens à saisir l’occasion qui m’est ici donnée de féliciter et de saluer l’action de la police, de la gendarmerie et de l’ensemble du personnel de l’UMIRR, sous la direction du Capitaine Paul Amédée Moyenzo et du Capitaine Charlotte Issa. Ils ont fait preuve d’un engagement, d’humilité, et d’une volonté remarquables d’améliorer leurs connaissances et leurs méthodes de travail afin de mieux servir les citoyens de la RCA. J’exhorte le Gouvernement centrafricain à officiellement reconnaître le statut spécial de la police et de la gendarmerie servant au sein de l’Unité et à prendre toutes les mesures nécessaires au bon fonctionnement de l’Unité.

 

Excellences,

Mesdames et messieurs les invités,

Lutter contre l’impunité entourant ces crimes, veiller à ce que ceux qui commettent, ordonnent ou ferment les yeux sur la violence sexuelle soient tenus responsables de leurs actes, sont des éléments essentiels de la dissuasion et de la prévention. Dans beaucoup de conflits dans le monde, violer une femme, un enfant ou un homme reste dans la plupart des cas impuni. Cette réalité doit changer si nous voulons éradiquer la violence sexuelle. En RCA, pour la première fois, les résultats obtenus pendant la première année de fonctionnement de l’UMIRR nous montrent qu’il est possible de briser le cercle vicieux de l’impunité et d’agir face à ces actes.

Tout en regrettant de ne pas être parmi vous aujourd’hui, je me réjouis de prendre connaissance de la teneur de vos discussions et de pouvoir avec vous assurer la mise en œuvre des recommandations.