Communiqué de presse: Pour diffusion immédiate
New York, 26 Septembre 2025: « Dimanche 28 septembre marquera le triste anniversaire des événements du 28 septembre 2009 en Guinée, journée au cours de laquelle les forces de sécurité ont violemment réprimé une manifestation pacifique, entraînant la mort de plus de 150 personnes et des violences sexuelles contre plus de 100 femmes. A cette occasion, nous honorons la mémoire de celles et ceux qui ont perdu la vie et exprimons notre solidarité avec les survivant(e)s et leurs familles, qui portent encore les cicatrices de ces atrocités », a déclaré la Représentante spéciale.
Elle a également rappelé que cette date marque l’anniversaire du lancement par les autorités judiciaires nationales, en 2022, du procès historique lié à ces évènements, une étape majeure dans la lutte contre l’impunité. « Ce procès a ouvert le chemin de la vérité, la responsabilité et la réparation, et est devenu un symbole d’espoir pour les victimes qui attendent depuis longtemps reconnaissance et justice », a-t-elle ajouté.
Elle a salué à nouveau le jugement historique rendu par le Tribunal criminel de Dixinn le 31 juillet 2024, qui a condamné huit accusés pour crimes contre l’humanité, y compris pour violences sexuelles, et ordonné des réparations substantielles en faveur des victimes. Ce jugement constitue une avancée courageuse dans la lutte contre l’impunité, une reconnaissance longtemps attendue par les victimes, et une empreinte durable de la capacité des systèmes judiciaires nationaux à juger les crimes les plus graves. La poursuite et finalisation des processus judiciaires en cours est essentielle, non seulement pour la Guinée, mais aussi afin de démontrer à l’échelle mondiale que la justice peut être rendue par les tribunaux nationaux en matière de crimes internationaux.
Elle a également salué le décret adopté par les autorités guinéennes prévoyant une indemnisation financière des victimes, marquant une étape importante vers la reconnaissance de leurs droits et l’octroi de réparations. En parallèle, elle a exprimé sa préoccupation concernant le décret de grâce présidentielle, soulignant que les mesures de clémence ne doivent pas compromettre les droits des victimes ni la crédibilité des procédures en cours. « Responsabilité et réparation vont de pair dans la quête de justice. Ces processus doivent renforcer la confiance du public dans l’état de droit en Guinée », a-t-elle déclaré.
A l’occasion de cette double commémoration, la Représentante spéciale a appelé à un engagement durable de toutes les institutions nationales pour garantir la poursuite des procédures judiciaires restantes conformément aux normes internationales, assurer la protection et la participation effective des victimes, et adopter un programme de réparation inclusif et centré sur les victimes.
Les Nations Unies réaffirment leur engagement à soutenir la Guinée dans ses efforts pour faire progresser la justice, afin que les crimes commis le 28 septembre 2009 ne soient jamais oubliés ni répétés. Rendre justice pour ces crimes est essentiel non seulement pour honorer le passé, mais aussi pour ouvrir la voie à des efforts plus larges de lutte contre l’impunité pour toutes les victimes – passées, présentes et futures – et pour construire une société fondée sur la dignité, le respect des droits humains et l’état de droit.
Pour les demandes des médias, veuillez contacter:
Mme Géraldine Boezio, Bureau de la Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit
Tel : +1 917 367 3306  Email : geraldine.boezio@un.org
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