Les march¨¦s financiers mondiaux ont pouss¨¦ les gens hors des villes, a d¨¦clar¨¦ jeudi une experte ind¨¦pendante des Nations Unies, accusant les march¨¦s financiers et les sp¨¦culateurs de consid¨¦rer le logement comme un ? lieu o¨´ entreposer du capital ?.

? Le logement a perdu sa fonction sociale et est plut?t vu comme un v¨¦hicule pour la richesse et la croissance des actifs. Il est devenue une denr¨¦e financi¨¨re, d¨¦pouill¨¦ de son lien avec la communaut¨¦, la dignit¨¦ et l’id¨¦e de la maison ?, a d¨¦clar¨¦ la Rapporteuse sp¨¦ciale sur le droit au logement, Leilani Farha.

Dans son dernier rapport pr¨¦sent¨¦ jeudi au Conseil des droits de l’homme de l’ONU ¨¤ Gen¨¨ve, Mme Farha a examin¨¦ comment le logement est devenu un r¨¦ceptacle du capital mondial ainsi que les cons¨¦quences de la marchandisation sur l’accessibilit¨¦ du logement et l’itin¨¦rance.

La valeur totale du march¨¦ immobilier mondial est de 163 milliards de dollars, selon l’expert de l’ONU, soit l’¨¦quivalent de plus du double de l’¨¦conomie mondiale.

? Le monde financier a essentiellement agit sans aucune consid¨¦ration du logement comme un droit humain et les ?tats sont complices: ils ont soutenu les march¨¦s financiers d’une mani¨¨re qui a rendu le logement inabordable pour la plupart des r¨¦sidents ?, a d¨¦clar¨¦ l’experte.

Le rapport de Mme Farha recommande des cadres plus solides, fond¨¦s sur les droits, ¨¤ l’¨¦chelle nationale et internationale pour r¨¦soudre le probl¨¨me. Il sugg¨¨re que les ?tats r¨¦glementent les acteurs priv¨¦s non seulement pour pr¨¦venir des violations flagrantes des droits de l’homme, mais aussi pour s’assurer que leurs actions sont compatibles avec l’obligation de faire du logement un droit humain pour tous.

? Londres, par exemple, les promoteurs n’ont pas ¨¦t¨¦ effray¨¦s par l’exigence de logements sociaux, a d¨¦clar¨¦ Mme Farha dans son allocution, tandis qu’¨¤ Vancouver, au Canada, les logements vacants sont assujettis ¨¤ un pr¨¦l¨¨vement d’imp?t de 1% qui contribue au logement des personnes ¨¤ faible revenu.

? C’est une question de responsabilit¨¦ ?, a dit Mme Farha. ? La responsabilit¨¦ du gouvernement envers les obligations internationales en mati¨¨re de droits de la personne a ¨¦t¨¦ remplac¨¦e par la responsabilit¨¦ envers les march¨¦s et les investisseurs ?, a-t-elle d¨¦plor¨¦.

Des rapporteurs sp¨¦ciaux et des experts ind¨¦pendants sont nomm¨¦s par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU ¨¤ Gen¨¨ve pour examiner et faire rapport sur un th¨¨me sp¨¦cifique des droits de l’homme ou sur la situation d’un pays. Les postes sont honorifiques et les experts ne sont ni membres du personnel des Nations Unies, ni r¨¦mun¨¦r¨¦s pour leur travail.02