18 avril 2017 ¨C Soulignant l’importance du financement pour la mise en ?uvre du Programme de d¨¦veloppement durable ¨¤ l’horizon 2030, de hauts responsables des Nations Unies ont appel¨¦ mardi ¨¤ renforcer les partenariats pour s’assurer que les besoins en ressources soient satisfaits.
Lors d’une r¨¦union de haut niveau sur cette question au si¨¨ge de l’ONU, la Vice-Secr¨¦taire g¨¦n¨¦rale de l’ONU, Amina Mohammed, a d¨¦clar¨¦ que le premier imp¨¦ratif ¨¦tait que les engagements pris en faveur de l’aide publique au d¨¦veloppement (APD) soient respect¨¦s de mani¨¨re ? coh¨¦rente et pr¨¦visible ?. Selon elle, on pourra alors utiliser cette aide de mani¨¨re catalytique pour intensifier les progr¨¨s dans la mobilisation des ressources au niveau national.
Mme Mohammed a ¨¦galement sugg¨¦r¨¦ de mobiliser les fonds de pension, le secteur des assurances et d’autres sources de capitaux. Elle a pris pour exemple la coop¨¦ration entre la Banque mondiale et la banque fran?aise BNP Paribas sur des obligations li¨¦es aux objectifs de d¨¦veloppement durable. Elle a aussi mis en avant les exemples de jeunes entrepreneurs qui installent des panneaux solaires au Kenya, d’¨¦tudiants qui cr¨¦ent des applications pour les objectifs de d¨¦veloppement durable au Br¨¦sil, et de traders qui utilisent les donn¨¦es pour anticiper les chocs ¨¦conomiques en Inde.
Le Pr¨¦sident de l’Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale des Nations Unies, Peter Thomson, a pr¨¦venu pour sa part que, selon les estimations, il faudra un investissement annuel de 6.000 milliards de dollars, soit 90.000 milliards sur 15 ans, pour r¨¦aliser les Objectifs de d¨¦veloppement durable (ODD).
Selon lui, il faudra une transformation du syst¨¨me financier mondial pour r¨¦aliser ces objectifs et il faudra faire le tri entre les diff¨¦rentes sources de capitaux. Le Pr¨¦sident a donn¨¦ l’exemple des investisseurs institutionnels dont les capitaux sont g¨¦r¨¦s par les compagnies d’assurance, les fonds de pension, les fonds souverains et les fondations. Ces investisseurs p¨¨sent 80.000 milliards de dollars dans les seuls pays de l’Organisation pour la coop¨¦ration et le d¨¦veloppement ¨¦conomiques (OCDE), a-t-il fait observer.
Changer les r¨¦flexes de cette cat¨¦gorie du secteur priv¨¦ pourrait transformer les efforts mondiaux visant ¨¤ cr¨¦er des syst¨¨mes financiers susceptibles de promouvoir des investissements ¨¤ long terme, a soulign¨¦ M. Thomson. Ces trois derni¨¨res ann¨¦es, les investisseurs institutionnels ont ainsi retir¨¦ 2.300 milliards de dollars ¨¤ l’industrie des combustibles fossiles. Le d¨¦fi de la communaut¨¦ internationale est d’exploiter ce changement, en cr¨¦ant les bonnes incitations pour que progressivement les acteurs du secteur priv¨¦ r¨¦pondent de plus en plus aux besoins du d¨¦veloppement durable.
Tous ces efforts doivent ¨ºtre consolid¨¦s et intensifi¨¦s, a estim¨¦ le Pr¨¦sident de l’Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale. Il faut d’abord et avant tout r¨¦former les politiques et les cadres r¨¦glementaires pour augmenter le financement public et priv¨¦ des objectifs de d¨¦veloppement durable. Pour ce faire, s’est expliqu¨¦ le Pr¨¦sident, il faut cr¨¦er des incitations pour ancrer la durabilit¨¦ dans le processus de prise des d¨¦cisions financi¨¨res, stimuler l’investissement dans les secteurs les plus cruciaux pour le d¨¦veloppement durable et r¨¦orienter les flux financiers vers des investissements propres, ¨¤ long terme, soucieux du social et ¨¦conomiquement viables.
Il faut aussi augmenter l’investissement ¨¦tranger direct (IED) et aider les banques ¨¤ investir dans des projets ¨¤ long terme et ¨¤ haut-risques, dont la plupart sont lanc¨¦s dans les pays en d¨¦veloppement.