23 mai 2017 ¨C La fistule obst¨¦tricale, qui a ¨¦t¨¦ largement ¨¦limin¨¦e dans les pays d¨¦velopp¨¦s, touche plus de deux millions de femmes et de filles en Asie et en Afrique subsaharienne, a rappel¨¦ mardi le chef de l’agence onusienne pour la sant¨¦ des femmes, qui a r¨¦clam¨¦ des investissements pour ¨¦liminer cette affection.
? Avec un leadership politique fort, ainsi que des investissements et des mesures fortes, nous pouvons mettre fin ¨¤ ce fl¨¦au ?, a d¨¦clar¨¦ le Directeur ex¨¦cutif du Fonds des Nations Unies pour la population (Ä¢¹½ÊÓÆµFPA), Babatunde Osotimehin, dans un message ¨¤ l’occasion de la Journ¨¦e internationale pour l’¨¦limination de la fistule obst¨¦tricale.
? Rejoignez-nous pour soutenir les femmes et les filles les plus d¨¦munies et les plus marginalis¨¦es au monde ?, a-t-il ajout¨¦.
La fistule obst¨¦tricale est une l¨¦sion grave et dangereuse susceptible de survenir lors d’un accouchement. Il s’agit d’une br¨¨che de la fili¨¨re pelvi-g¨¦nitale, c’est-¨¤-dire l’ensemble des structures anatomiques que traverse le f?tus lors de l’accouchement.
L’apparition d’une fistule obst¨¦tricale est directement li¨¦e ¨¤ l’une des principales causes de mortalit¨¦ maternelle : un travail difficile lors de l’accouchement ou l’absence de soins obst¨¦tricaux ad¨¦quats. Les femmes qui pr¨¦sentent une fistule obst¨¦tricale souffrent d’une incontinence permanente, en ressentent de la honte et font l’objet d’une discrimination sociale. Cette affection ¨¦vitable entra?ne ¨¦galement ¨¤ plus long terme des probl¨¨mes m¨¦dicaux chroniques, tels que des infections cutan¨¦es, des troubles r¨¦naux, voire le d¨¦c¨¨s en l’absence de traitement.
De nombreuses femmes atteintes d’une fistule obst¨¦tricale vivent souvent pendant des ann¨¦es, voire des d¨¦cennies, dans cet ¨¦tat car elles n’ont pas les moyens financiers de se faire soigner. Incapables de contr?ler l’¨¦coulement de l’urine, elles sont souvent abandonn¨¦es par leur ¨¦poux et leur propre famille, ou bannies de leur communaut¨¦. Elles font face ¨¤ la d¨¦pression, ¨¤ l’isolement social et ¨¤ une aggravation de la pauvret¨¦.
Ce fut le cas de Nachilango Bisolomo, au Malawi. Elle s’est mari¨¦e t?t et est tomb¨¦e enceinte ¨¤ l’?ge de 18 ans. Apr¨¨s un accouchement long et difficile, son b¨¦b¨¦ est mort et elle a ¨¦t¨¦ affect¨¦e par une fistule. Elle a chang¨¦ son nom de Nasiwelo ¨¤ Nachilango, ce qui signifie ‘celle qui a ¨¦t¨¦ punie’. ? Ma vie ¨¦tait un enfer ?, raconte-t-elle. Des ann¨¦es plus tard, Mme Bisolomo a pu faire r¨¦parer sa fistule dans une clinique soutenue par l’Ä¢¹½ÊÓÆµFPA.
L’Ä¢¹½ÊÓÆµFPA souligne que la fistule obst¨¦tricale peut ¨ºtre ¨¦vit¨¦e. Pour cela, il suffirait de repousser l’?ge de la premi¨¨re grossesse; de mettre fin aux pratiques traditionnelles pr¨¦judiciables; et de permettre aux femmes d’avoir acc¨¨s en temps voulu ¨¤ des soins obst¨¦tricaux.
En attendant l’¨¦limination de ce fl¨¦au, l’agence onusienne distribue des fournitures m¨¦dicales, assure des formations et procure des fonds en faveur de la pr¨¦vention et du traitement de la fistule et propose des programmes de r¨¦insertion sociale. Elle renforce ¨¦galement les services de sant¨¦ maternelle et les services obst¨¦tricaux d’urgence afin de pr¨¦venir l’apparition de cette l¨¦sion.