Ä¢¹½ÊÓÆµAT Held or Ä¢¹½ÊÓÆµDT Pronouncements
Le r¨¨glement int¨¦rieur du Tribunal d'appel (qui a ¨¦galement ¨¦t¨¦ approuv¨¦ par l'Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale) pr¨¦voit express¨¦ment que ? les arr¨ºts publi¨¦s comprennent normalement les noms des parties ?. M¨ºme si les noms entraient dans la cat¨¦gorie des ? donn¨¦es ¨¤ caract¨¨re personnel ?, il appara?t clairement que le Tribunal doit trouver un ¨¦quilibre entre la n¨¦cessit¨¦ de rendre des comptes et la n¨¦cessit¨¦ de prot¨¦ger les donn¨¦es ¨¤ caract¨¨re personnel en fonction des circonstances de chaque affaire. Ce faisant, ce juge a pour pratique g¨¦n¨¦rale d'¨¦viter d'utiliser des noms, autres que ceux des parties, afin de prot¨¦ger l'anonymat des personnes innocentes impliqu¨¦es d'une mani¨¨re ou d'une autre dans l'affaire. En tant que victime de harc¨¨lement sexuel, le requ¨¦rant devrait normalement ¨ºtre rendu anonyme.
En l'esp¨¨ce, le Tribunal estime que les circonstances justifient la publication du nom de [Manager/Harasser] afin de favoriser la transparence de la justice et la responsabilit¨¦ des fonctionnaires, en particulier d'un responsable des Nations unies au niveau D1. Le Tribunal note qu'il a ¨¦t¨¦ reconnu coupable de harc¨¨lement sexuel apr¨¨s avoir b¨¦n¨¦fici¨¦ d'une proc¨¦dure disciplinaire en bonne et due forme.
La doctrine du ? mootness ? comprend un corollaire de ? controverse continue ? selon lequel ? si la m¨ºme controverse est susceptible d'¨ºtre pr¨¦sent¨¦e ¨¤ nouveau, l'¨¦conomie judiciaire ... peut ¨ºtre mieux servie en statuant sur l'affaire actuellement devant le tribunal, ¨¤ condition que les parties restent suffisamment oppos¨¦es pour pr¨¦server la comp¨¦tence fonctionnelle du tribunal ?. Le corollaire de la controverse continue de la doctrine du mootness s'applique en l'esp¨¨ce.
En ce qui concerne la mise en ?uvre, une lecture claire de la section 8.3 de la ST/SGB/2019/8 est que les enqu¨ºtes en cours continueront d'¨ºtre trait¨¦es dans le cadre du bulletin ST/SGB/2008/5, mais que tout ce qui concerne la plainte sera r¨¦gi par le nouveau SGB.
Le droit d'une victime de harc¨¨lement sexuel d'¨ºtre inform¨¦e ¨¤ la fois des r¨¦sultats de l'enqu¨ºte et des mesures prises constitue une exception ¨¤ l'obligation g¨¦n¨¦rale de confidentialit¨¦ de ces informations.
Decision Contested or Judgment/Order Appealed
La requ¨¦rante fait valoir qu'elle a droit ¨¤ :
(i) la confirmation de la mesure sp¨¦cifique impos¨¦e ¨¤ un membre du personnel ayant fait l'objet d'une enqu¨ºte pour harc¨¨lement sexuel dans laquelle elle ¨¦tait la partie l¨¦s¨¦e ;
(ii) la confirmation qu'il a ¨¦t¨¦ inclus dans la base de donn¨¦es ClearCheck ; et
(iii) des dommages moraux pour l'impact sur sa sant¨¦ d? au harc¨¨lement sexuel av¨¦r¨¦ qu'elle a subi ?.
Legal Principle(s)
Le Tribunal estime que la question de savoir si une victime de harc¨¨lement sexuel a le droit d'¨ºtre inform¨¦e des mesures disciplinaires impos¨¦es ¨¤ son harceleur doit ¨ºtre r¨¦solue. Le Tribunal refuse donc de rejeter cette affaire comme ¨¦tant sans objet.
Cette affaire ne concerne pas l'enqu¨ºte elle-m¨ºme, mais les actions de l'Organisation ¨¤ la suite de l'enqu¨ºte. Elle rel¨¨ve donc de l'expression ? ¨¤ tous autres ¨¦gards ? et il est clair que la circulaire ST/SGB/2019/8 l'emporte sur la circulaire ST/SGB/2008/5. Le Tribunal conclut que la circulaire ST/SGB/2019/8 est le document de r¨¦f¨¦rence.
La question qui se pose au Tribunal est donc de savoir si le fait d'informer la victime que l'Organisation a ? d¨¦cid¨¦ d'imposer une mesure disciplinaire appropri¨¦e ? est conforme ¨¤ l'obligation de divulguer ? les r¨¦sultats de l'enqu¨ºte et les mesures prises ?. (conform¨¦ment ¨¤ ST/SGB/2019/8). Le Tribunal d¨¦termine que ce n'est pas le cas.
En accordant express¨¦ment aux victimes le droit de contester le traitement inappropri¨¦ des plaintes pour harc¨¨lement sexuel, les SGB reconnaissent clairement que les victimes ont un droit acquis ¨¤ ce que leurs rapports de harc¨¨lement sexuel soient trait¨¦s conform¨¦ment aux proc¨¦dures prescrites dans les documents ST/SGB/2008/5 et ST/SGB/2019/8.
L'inscription ¨¤ ClearCheck est ¨¦videmment une politique d'application g¨¦n¨¦rale et non individuelle. Elle vise ¨¤ prot¨¦ger l'Organisation contre l'embauche de harceleurs sexuels et l'exposition de ses employ¨¦s ¨¤ de tels pr¨¦dateurs. Le fait de ne pas savoir si M. Sophocleous a ¨¦t¨¦ enregistr¨¦ peut avoir des cons¨¦quences pratiques et personnelles insatisfaisantes pour la requ¨¦rante, mais cela n'a aucune cons¨¦quence juridique directe pour elle. En tant que telle, la d¨¦cision implicite de lui refuser cette information n'est pas une d¨¦cision administrative susceptible de recours.
Ni la circulaire ST/SGB/2008/5 ni la circulaire ST/SGB/2019/8 ne mentionnent l'indemnisation du pr¨¦judice caus¨¦ par le harc¨¨lement. Il n'existe actuellement aucun droit ¨¤ r¨¦paration pour harc¨¨lement sexuel dans le cadre juridique applicable.
Outcome
Outcome Extra Text
Le Tribunal a d¨¦cid¨¦ de
a) de faire droit ¨¤ la requ¨ºte sur la question du droit de la requ¨¦rante ¨¤ ¨ºtre inform¨¦e des mesures disciplinaires impos¨¦es par l'Organisation ¨¤ M. Sophocleous pour l'avoir harcel¨¦e sexuellement ; et
b) Rejeter les autres demandes de la requ¨ºte.
Le Tribunal estime que l'Organisation a ill¨¦galement refus¨¦ ¨¤ la requ¨¦rante le droit d'¨ºtre inform¨¦e de la sanction disciplinaire qui a ¨¦t¨¦ impos¨¦e au membre du personnel qui l'a harcel¨¦e, M. Sophocleous.
les dispositions des SGB autorisant un recours (ST/SGB/2008/5, paragraphe 5.20 et ST/SGB/2019/8, paragraphe 5.6) ne s'appliquent pas ¨¤ l'all¨¦gation d'ATR selon laquelle elle a le droit de savoir si M. Sophocleous a ¨¦t¨¦ inscrit au ClearCheck, et la requ¨¦rante n'a pas de droit expr¨¨s ou connaissable ¨¤ des informations sur l'inscription au ClearCheck.
Ainsi, le Tribunal rejette comme irrecevable l'all¨¦gation selon laquelle la requ¨¦rante a le droit de savoir si une personne sp¨¦cifique est enregistr¨¦e dans ClearCheck.