Dans son rapport intitul¨¦ ??Dans une libert¨¦ plus grande : d¨¦veloppement, s¨¦curit¨¦ et respect des droits de l’homme pour tous?? (?) le Secr¨¦taire g¨¦n¨¦ral constatait que ??si la libert¨¦ de vivre ¨¤ l’abri du besoin et de la peur est essentielle, elle n’est pas suffisante : tout ¨ºtre humain a le droit d’¨ºtre trait¨¦ avec dignit¨¦ et respect?? (par. 27). L’¨ºtre humain est trait¨¦ avec dignit¨¦ et respect lorsqu’il peut exercer ses droits fondamentaux et est prot¨¦g¨¦ par l’¨¦tat de droit.
Le cadre international relatif aux droits de l’homme, ainsi que le droit international humanitaire, le droit p¨¦nal international et le droit international des r¨¦fugi¨¦s, constituent les fondements de l’exercice du droit de vivre dans la dignit¨¦. Les ¨¦l¨¦ments de notre cadre normatif sont des corpus de droit compl¨¦mentaires qui partagent le m¨ºme objectif : prot¨¦ger la vie, la sant¨¦ et la dignit¨¦ de la personne. L’¨¦tat de droit permet de promouvoir et de prot¨¦ger ce cadre normatif commun. Gr?ce ¨¤ cette structure, l’exercice du pouvoir fait l’objet de r¨¨gles convenues, ce qui garantit la protection de tous les droits de la personne.
L’¨¦tat de droit, tel que l’a d¨¦fini le Secr¨¦taire g¨¦n¨¦ral, exige que les r¨¨gles de proc¨¦dure, les institutions et les normes essentielles soient compatibles avec les droits de la personne et avec les principes fondamentaux que sont l’¨¦galit¨¦ devant la loi, la responsabilit¨¦ au regard de la loi et l’¨¦quit¨¦ dans la protection et la d¨¦fense des droits (?, par. 6). Il n’existe pas d’¨¦tat de droit dans les soci¨¦t¨¦s o¨´ les droits de l’homme ne sont pas prot¨¦g¨¦s ; ¨¤ l’inverse, les droits de l’homme ne peuvent pas ¨ºtre prot¨¦g¨¦s dans des soci¨¦t¨¦s o¨´ n’existe pas un v¨¦ritable ¨¦tat de droit. L’¨¦tat de droit permet l’exercice concret des droits de l’homme qui ne sont plus alors un simple principe mais une r¨¦alit¨¦.
L’¨¦tat de droit a jou¨¦ un r?le majeur dans l’int¨¦gration de droits ¨¦conomiques, sociaux et culturels dans les constitutions, l¨¦gislations et r¨¦glementations nationales. Lorsque ces droits peuvent ¨ºtre invoqu¨¦s devant les tribunaux ou que leur protection juridique est autrement assur¨¦e, l’¨¦tat de droit fournit les moyens de recours en cas de violations de ces droits ou de d¨¦tournement des ressources publiques.
L’¨¦tat de droit, s’il est fond¨¦ sur des normes universelles en mati¨¨re de droits de l’homme, doit ¨ºtre ancr¨¦ dans un contexte national et notamment dans la culture, l’histoire et la politique du pays concern¨¦. En cons¨¦quence, les ?tats connaissent des exp¨¦riences distinctes en mati¨¨re d’¨¦laboration de leur syst¨¨me d’¨¦tat de droit. Il n’en reste pas moins que, comme l’Assembl¨¦e g¨¦n¨¦rale l’a affirm¨¦ dans sa r¨¦solution ?, il existe des traits communs d¨¦coulant de l’existence de normes et crit¨¨res internationaux.
L’¨¦tat de droit et les droits de l’homme sont les deux facettes d’un m¨ºme principe, le droit de vivre dans la dignit¨¦. En cons¨¦quence, l’¨¦tat de droit et les droits de l’homme ont une relation indissoluble et organique. Les ?tats Membres sont pleinement conscients de cette relation depuis l’adoption de la D¨¦claration universelle des droits de l’homme, selon laquelle ??il est essentiel que les droits de l’homme soient prot¨¦g¨¦s par un r¨¦gime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint, en supr¨ºme recours, ¨¤ la r¨¦volte contre la tyrannie et l’oppression??.
Dans la , les ?tats Membres ont d¨¦clar¨¦ qu’ils n’¨¦pargneraient aucun effort pour renforcer l’¨¦tat de droit et le respect de tous les droits de l’homme et libert¨¦s fondamentales reconnus sur le plan international. Dans le , ils ont reconnu que l’¨¦tat de droit et les droits de l’homme faisaient partie des valeurs et principes universels et indivisibles de l’Organisation des Nations Unies. Dans la , ils ont r¨¦affirm¨¦ que les droits de l’homme et l’¨¦tat de droit ¨¦taient interd¨¦pendants et se renfor?aient mutuellement.
Le a lui aussi activement promu l’¨¦tat de droit. Il a adopt¨¦ une s¨¦rie de r¨¦solutions qui concernent directement aussi bien les droits de l’homme que l’¨¦tat de droit, y compris l’administration de la justice, et les
. Le Conseil a cr¨¦¨¦ plusieurs m¨¦canismes extraconventionnels concernant directement l’¨¦tat de droit, comme , EN, et EN.
