Ä¢¹½ÊÓÆµ

2026-Ä¢¹½ÊÓÆµAT-1651

Ä¢¹½ÊÓÆµAT Held or Ä¢¹½ÊÓÆµDT Pronouncements

L¡¯Ä¢¹½ÊÓÆµAT a estim¨¦ que l¡¯Ä¢¹½ÊÓÆµDT n¡¯avait pas commis d¡¯erreur de droit dans son interpr¨¦tation de l¡¯article 10.1(b) du R¨¨glement du
personnel et avait ¨¤ juste titre jug¨¦ que la notion de ? perte financi¨¨re ? exigeait un pr¨¦judice p¨¦cuniaire d¨¦montrable et quantifiable pour l¡¯Organisation, directement caus¨¦ par une faute intentionnelle, imprudente ou gravement n¨¦gligente de la part du fonctionnaire, et non compens¨¦ par une contrepartie de valeur ¨¦quivalente ou sup¨¦rieure.

Le Tribunal administratif des Nations unies a rejet¨¦ l¡¯argument du Secr¨¦taire g¨¦n¨¦ral selon lequel toute utilisation non autoris¨¦e de fonds constituait une ? perte financi¨¨re ?, estimant que cela confondait faute professionnelle et perte. En cons¨¦quence, il a jug¨¦ que le non-respect des proc¨¦dures de passation de march¨¦s entra?nant des d¨¦penses ne suffisait pas, en soi, ¨¤ ¨¦tablir l¡¯existence d¡¯une perte financi¨¨re.

Toutefois, l¡¯Ä¢¹½ÊÓÆµAT a estim¨¦ que l¡¯Ä¢¹½ÊÓÆµDT avait commis une erreur en concluant, sans ¨¦l¨¦ments de preuve ¨¤ l¡¯appui, que l¡¯Organisation avait tir¨¦ un avantage tangible et durable en mati¨¨re de s¨¦curit¨¦ de ces travaux de construction non autoris¨¦s. En particulier, elle a estim¨¦ que l¡¯Ä¢¹½ÊÓÆµDT avait commis une erreur en reconnaissant que la valeur des am¨¦liorations apport¨¦es aux locaux du bureau du HCDH au Y¨¦men ne pouvait ¨ºtre quantifi¨¦e en termes mon¨¦taires, tout en concluant n¨¦anmoins qu¡¯elle ne pouvait ¨ºtre inf¨¦rieure ¨¤ 86 000 dollars am¨¦ricains.

L¡¯Ä¢¹½ÊÓÆµAT a estim¨¦ que l¡¯ancien membre du personnel ne s¡¯¨¦tait pas acquitt¨¦ de la charge de la preuve quant ¨¤ l¡¯existence et ¨¤ la valeur d¡¯un quelconque b¨¦n¨¦fice ou avantage mat¨¦riel et raisonnablement acceptable pour l¡¯Organisation. Au contraire, elle a constat¨¦ que les travaux non autoris¨¦s avaient ¨¦t¨¦ r¨¦alis¨¦s dans des locaux lou¨¦s, ce qui faisait de ces am¨¦nagements un actif irr¨¦cup¨¦rable pour l¡¯Organisation. L¡¯Ä¢¹½ÊÓÆµAT a donc conclu que la perte financi¨¨re av¨¦r¨¦e s¡¯¨¦levait ¨¤ 86 000 dollars am¨¦ricains, ce qui correspond au montant des fonds d¨¦tourn¨¦s.

L¡¯Ä¢¹½ÊÓÆµAT a fait droit ¨¤ l¡¯appel et a infirm¨¦ en partie le jugement n¡ã Ä¢¹½ÊÓÆµDT/2025/034, les juges Forbang et Ziad¨¦ ayant exprim¨¦ leur opinion dissidente.

 

 

 

 

Decision Contested or Judgment/Order Appealed

Un ancien chef du Bureau du Haut-Commissariat aux droits de l¡¯homme (HCDH), du Bureau de pays au Y¨¦men (CO), a contest¨¦ les d¨¦cisions de l¡¯Administration : i) de lui infliger la mesure disciplinaire de la cessation de service, avec une indemnit¨¦ tenant lieu de pr¨¦avis et sans indemnit¨¦ de licenciement ; et ii) de lui r¨¦clamer le montant de 86 000 dollars am¨¦ricains par voie de retenue sur ses indemnit¨¦s finales, au titre du pr¨¦judice financier subi par l¡¯Organisation du fait de sa faute professionnelle, conform¨¦ment ¨¤ la r¨¨gle 10.1(b) du R¨¨glement du personnel. Ces mesures ont ¨¦t¨¦ impos¨¦es apr¨¨s qu¡¯il a ¨¦t¨¦ ¨¦tabli que l¡¯ancien fonctionnaire avait utilis¨¦ et/ou fait utiliser des fonds du HCDH d¡¯un montant total de 86 000 dollars am¨¦ricains qui avaient ¨¦t¨¦ allou¨¦s ¨¤ d¡¯autres fins, ¨¤ savoir la construction d¡¯un nouveau b?timent du HCDH au Y¨¦men.

Dans son arr¨ºt n¡ã Ä¢¹½ÊÓÆµDT/2025/034, le Tribunal administratif des Nations unies (Ä¢¹½ÊÓÆµTD) a confirm¨¦ les mesures disciplinaires mais a annul¨¦ la d¨¦cision de recouvrer 86 000 dollars am¨¦ricains sur les indemnit¨¦s finales de l¡¯ancien fonctionnaire.

Le Secr¨¦taire g¨¦n¨¦ral a interjet¨¦ appel de l¡¯annulation par l¡¯Ä¢¹½ÊÓÆµTD de la d¨¦cision de recouvrement.

Legal Principle(s)

La premi¨¨re ¨¦tape de l¡¯interpr¨¦tation de tout type de r¨¨gle consiste ¨¤ pr¨ºter attention au libell¨¦ litt¨¦ral de la norme. Lorsque le
langage utilis¨¦ dans la disposition en question est clair, courant et ne pose aucun probl¨¨me de compr¨¦hension, le texte de la r¨¨gle doit ¨ºtre interpr¨¦t¨¦ tel quel, sans autre examen.

Lorsque le Secr¨¦taire g¨¦n¨¦ral constate que le comportement d¡¯un fonctionnaire a constitu¨¦ une faute et que ce comportement ¨¦tait intentionnel, imprudent ou gravement n¨¦gligent, le fonctionnaire peut ¨ºtre tenu de rembourser aux Nations Unies, en partie ou en
totalit¨¦, toute perte financi¨¨re subie par celles-ci du fait de son comportement.

La notion de ? perte financi¨¨re ? implique une d¨¦t¨¦rioration de la situation financi¨¨re ou mon¨¦taire de l¡¯Organisation caus¨¦e par la faute ¨¦tablie, d¨¦t¨¦rioration qui doit ¨ºtre prouv¨¦e par des ¨¦l¨¦ments de preuve. En cons¨¦quence, la ? perte financi¨¨re ? ne peut ¨ºtre assimil¨¦e ¨¤ une simple irr¨¦gularit¨¦ de proc¨¦dure en l¡¯absence de preuve d¡¯une perte effective, mais n¨¦cessite la preuve que
l¡¯Organisation s¡¯est retrouv¨¦e dans une situation financi¨¨re moins favorable. Cela implique n¨¦cessairement de prendre en compte tout b¨¦n¨¦fice ou avantage significatif et raisonnablement acceptable, financier ou autre, dont l¡¯Organisation a b¨¦n¨¦fici¨¦ lors de la
d¨¦termination de la perte.

En cons¨¦quence, pour d¨¦clencher un remboursement en vertu de la r¨¨gle 10.1(b) du R¨¨glement du personnel, l¡¯Administration doit ¨¦tablir, selon la pr¨¦pond¨¦rance des probabilit¨¦s, que : (i) la faute av¨¦r¨¦e a caus¨¦ la perte all¨¦gu¨¦e ; et (ii) le montant de la perte est raisonnablement identifiable et quantifiable (par exemple, le co?t support¨¦ moins la valeur ¨¦quitable et raisonnablement acceptable re?ue, ou le co?t des mesures correctives rendues n¨¦cessaires par la faute). Une fois que l¡¯Administration a quantifi¨¦ la perte, si le fonctionnaire soutient qu¡¯il y a un b¨¦n¨¦fice pour l¡¯Organisation, il lui incombe d¡¯identifier et de quantifier tout b¨¦n¨¦fice ou avantage (ou valeur) significatif et raisonnablement acceptable dont a b¨¦n¨¦fici¨¦ l¡¯Organisation.

Outcome

Appel accord¨¦

Le Bureau de l'Administration de la Justice (BAJ) a pr¨¦par¨¦ ce r¨¦sum¨¦ de la jurisprudence a titre informatif seulement. Il ne s'agit pas d'un document officiel et il ne faut pas s'y fier comme une interpr¨¦tation faisant autorit¨¦ des d¨¦cisions des Tribunaux. Pour les textes faisant autorit¨¦ des d¨¦cisions, veuillez-vous r¨¦f¨¦rer au jugement ou ¨¤ l'ordonnance rendue par le Tribunal respectif. Les Tribunaux sont les seuls organes comp¨¦tents pour interpr¨¦ter leurs jugements respectifs, conform¨¦ment ¨¤ l'article 12(3) du Statut du Tribunal du Contentieux Administratif des Nations Unies (TCANU) et ¨¤ l'article 11(3) du Statut du Tribunal d'Appel des Nations Unies (TANU). Toute inexactitude dans cette publication rel¨¨ve seulement la responsabilit¨¦ du BAJ, qui doit ¨ºtre contact¨¦ directement pour toute demande de correction. Pour faire part de vos commentaires, n¡¯h¨¦sitez pas ¨¤ communiquer avec BAJ ¨¤ oaj@un.org

Les r¨¦sum¨¦s des jugements ¨¦taient g¨¦n¨¦ralement pr¨¦par¨¦s en anglais. Ils ont ¨¦t¨¦ traduits en Fran?ais et sont en cours d'examen pour en v¨¦rifier l'exactitude.